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Travaux écologiques

Matériaux écologiques

cuisine écologique

Les écomatériaux ou matériaux biosourcés sont des produits manufacturés considérés comme plus “sains” que les produits traditionnellement utilisés dans le BTP. S’il n’est plus à prouver que l’utilisation de ces matériaux est préconisée pour un développement économique qui soit véritablement durable, les particuliers comme les professionnels peuvent se trouver hésitants quant au matériau à sélectionner dans le cadre de leurs projets de construction. Alors, quel matériau privilégier selon les usages ? Quels sont les principes au fondement d’une construction écologique ? Faut-il construire soi-même son habitation pour avoir la certitude d’occuper un logement écologique ?

Quel matériau pour quel usage ?

Que ce soit pour construire, isoler ou décorer votre futur logis, nombre de matériaux de construction se présentent à vous. D’autres critères entrent évidemment en jeu dans ce choix, tels que la nature de votre logement, votre budget ou encore votre mode de vie.

Construire

Si vous partez d’un terrain nu pour bâtir votre maison de A à Z, vous avez la possibilité de choisir le 100% “durable”. Pour cela, il suffit de se tourner vers des modes de construction qui existent, en réalité, depuis des décennies. En effet, alors qu’ils présentent un impact écologique faible à neutre, certains matériaux ont pu être évincés au profit de produits issus des progrès techniques (béton par exemple). C’est notamment le cas du bois ou de la brique de terre crue.

Le bois est considéré comme le matériau écologique par excellence. Sa structure cellulaire unique lui permet de conserver et de transmettre l’énergie. Ainsi, le bois constitue un bon isolant thermique mais aussi, acoustique. De plus, ce matériau naturel présente une bonne résistance au temps, s’entretient aisément et réduit les risques d’allergies ou de prolifération des acariens. Enfin, la robustesse du bois, alliée à sa souplesse, en font un matériau idéal pour résister aux séismes.

Dans le secteur du bâtiment, le bois est majoritairement utilisé en tant que structure porteuse. Il s’agit de poutres qui sont ingénieusement imbriquées pour constituer l’ossature de la maison. Cette ossature sera ensuite comblée par un matériau isolant : paille, chanvre, lin, etc. Le bois permet également de réaliser de solides bardages, des menuiseries de qualité ainsi que des panneaux isolants efficaces.

Outre le bois, les matériaux naturels qui entrent dans la construction de logements sont la paille, le béton de chanvre, l’acier, la brique (de terre cuite ou compressée, monomur, silico-calcaire), le parpaing en bois en ou encore le béton cellulaire.

Isoler

L’isolation d’une habitation est un point crucial pour le confort des occupants. De surcroît une bonne isolation permet de réaliser des économies d’énergie considérables. Pour parvenir à une isolation aussi efficace qu’écologique, vous pouvez vous servir de ressources naturelles comme la laine - de chanvre, de mouton, de coton, de bois - la ouate de cellulose, le liège, le lin ou encore le feutre.

Pour ce qui est du liège, sa fabrication est issue de l’exploitation du chêne-liège, qui en France, est majoritairement produit en Corse, dans les massifs des Albères et des Aspres (Pyrénées-Orientales), le massif des Maures (Var), le littoral landais (Gironde et Landes (département) et le Lot-et-Garonne (Néracais). Le liège est également récupéré via le recyclage des bouchons. Cependant, la quasi-totalité des produits de liège destinée à la construction est importée de l’étranger : Portugal, Espagne, Maroc, etc.

L’écorce de cet arbre permet d’élaborer, après un processus de broyage et d’assemblage, des produits de construction tels que les panneaux et rouleaux recyclés 100% liège et “les granulats de liège, qui sont utilisés en remplissage de caissons ou mélangés à du béton afin d’obtenir une chape légère et isolante” (Fédération Française du Bâtiment).

Décoration, revêtement et finitions

Votre demeure nécessite, pour prendre son aspect définitif, d’être décorée et de bénéficier de finitions comme la peinture ou encore le revêtements des sols et des murs. Cet aspect de l’habitation ne doit pas être négligé : en effet, les matériaux et produits qui seront choisis pour l'intérieur du logement, seront en contact direct avec les résidents. Aussi, il convient de limiter les produits chimiques, qui peuvent causer allergies cutanées, gênes respiratoires et, à plus long terme, des maladies chroniques.

Concernant le revêtement des murs, vous pourrez privilégier les toiles de jute, de sisal et de coton ou encore le lambris et le papier peint recyclé, que vous appliquerez à l’aide d’une colle écologique. Pour ce qui est du revêtement des sols, vous avez le choix entre le parquet en bambou, le linoléum, le caralium, le liège, les moquettes écologiques et les fibres végétales comme le jonc de mer, le sisal ou la fibre réalisée à partir de la coco.

Qu’est-ce qu’une construction écologique ?

Tous les logements mis sur le marché avant 2011 répondent à la réglementation thermique 2005 (RT2005), qui fixe une exigence de consommation comprise entre 150 à 230 kWhep/m²/an, à moduler selon la zone climatique et l’altitude. Cette valeur comprend les dépenses liées à la production d'eau chaude sanitaire, au chauffage, à la ventilation, à l'éclairage et aux auxiliaires de chauffage (éventuelle pompe de circulation, etc).

 

 

Vers le bâtiment à énergie positive

Cependant, le passage aux nouvelles réglementations thermiques (RT 2012, RT 2018 et bientôt RT 2020) a mis à l’honneur successivement la maison BBC (bâtiment basse consommation) et le BEPOS (bâtiment à énergie positive). Dans le cas de la BBC, il est question de ne pas franchir une consommation de 50 kWhep/m²/an. De son côté, le BEPOS va plus loin puisqu’il implique une consommation supérieure à ce qui est nécessaire au bon fonctionnement du logement.

Les principes de la construction écologique

Pour atteindre les objectifs thermiques fixés par l’État, plusieurs principes sont appliqués par les constructeurs, qu’ils soient de simples ménages, des promoteurs immobiliers ou bien des Offices publics de l’habitat :

  • considérer l’environnement : cela revient à bâtir selon le “bon sens”, c’est-à-dire en tenant compte des contraintes extérieures comme le climat, l’orientation ou la topographie. Par exemple, il est opportun de positionner les pièces à vivre au sud afin de profiter de la chaleur naturelle ;
  • favoriser les apports solaires : le soleil constitue une énergie naturelle et gratuite. Aussi, l’un des classiques de la maison écologique est la “serre bioclimatique” : il s’agit d’emmagasiner la chaleur entrant dans le logement grâce à des murs de pierre ou de brique construits en face des ouvertures, orientées sud. Moins il y aura de déperdition de chaleur, moins chauffer le domicile sera nécessaire ;
  • renforcer l’inertie thermique, qui est la capacité d'un matériau à emmagasiner la chaleur l'hiver et le fraîcheur l'été. Négligé dans les constructions récentes, ce principe permet d’éviter les variations de température au sein des logis. L’inertie thermique peut être renforcée grâce au mode constructif : isolation par l’extérieur et utilisation de matériaux à isolation répartie (béton cellulaire, brique monomur, pierre ponce etc) ;
  • consolider l’isolation : la brique ainsi que le parpaing permettent une bonne résistance thermique. Dans les maisons à ossature bois, l’épaisseur des matériaux isolants peut atteindre 35 cm au niveau des parois et 50 cm en toiture. Il est conseillé de recouvrir l’isolant extérieur d’une membrane, cela renforce son étanchéité à l'air ;
  • ventiler à bon escient : la ventilation permet de lutter contre l’humidité et d’éliminer des polluants chimiques comme les COV (composés organiques volatils). La mise en place d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC) est impérative et peut être associée à un puits canadien ;
  • supprimer les infiltrations d’air : la réglementation thermique en vigueur impose une perméabilité à l'air minimale pour les maisons neuves. Pour y parvenir, il convient d’utiliser des accessoires spécifiques : membranes d'étanchéité à l'air appliquées devant l'isolant intérieur, trappes d'accès étanches... ;
  • limiter la surchauffe : en période estivale, la chaleur peut devenir incommodante et nécessiter le recours à une climatisation. Cependant, pour limiter l’usage de cet équipement consommateur d’énergie, il est possible de mettre en place un avant-toit, un auvent, un brise-soleil ou encore une pergola végétalisée ;
  • encourager la lumière naturelle : la surface vitrée d'une maison écologique doit représenter au minimum 17% de sa surface habitable. Des logiciels professionnels permettent d’optimiser la position et la dimension des ouvertures. Il est également possible d'installer un conduit de lumière naturelle, en particulier dans les pièces “aveugles” (velux par exemple) ;
  • privilégier les énergies renouvelables : l’habitat écologique doit recourir à au moins une énergie renouvelable pour la production d’eau chaude sanitaire et le chauffage (chauffe-eau solaire thermique, pompe à chaleur, etc). La maison peut également être chauffée via une chaudière à condensation fonctionnant au gaz ou au fioul.

La promotion neuve se fait green

Même si vous n’avez pas prévu de construire ou de faire construire votre logement neuf, il vous est possible de bénéficier des dernières normes environnementales en vigueur. En effet, les Offices publics de l’habitat de même que les promoteurs immobiliers sont tenus d’appliquer les exigences écologiques de l’État en matière de logement.

Le programme immobilier “Grand Carcouët”

Le Grand Carcouët est un immeuble d’habitations qui limite les charges de ses résidents, installés depuis 2014.

Si le Grand Carcouët s’est vu décerner le prix “bas carbone” par la société EDF (Enedis), c’est parce que le bâtiment est équipé :

  • d’une pompe à chaleur,
  • de capteurs solaires,
  • d’un système de récupération des calories de la descente des eaux usées,
  • d’une production autonome d’électricité.

Toutes ces installations permettent au grand Carcouët de produire plus d’énergie qu’il n’en consomme pour son propre fonctionnement. Aussi, la résidence dépasse de 10% les exigences fixées par le label “bâtiment basse consommation” (BBC) du collectif Effinergie. En effet, les panneaux photovoltaïques, positionnés sur le toit de l’édifice, font du Grand Carcouët un véritable BEPOS (bâtiment à énergie positive).

L’immobilier vert connaît aussi des heures glorieuses dans le domaine de l’habitat social, avec des idées aussi innovantes que la chaudière électrique, installée dans la résidence nantaise Albert-Londres.

 

 

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